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Texte d'auteur - Louise Portal

Nous sommes tous tissés serrés

Par Louise Portal


De la fibre de tous ceux qui ont habité et habitent en cette terre du Québec. D’hier à aujourd’hui. Ceux des Premières nations, qui peuplent cet immense territoire que nous nous partageons depuis que nos ancêtres sont arrivés de France, puis les Anglais, les Irlandais, les Écossais et tous les autres venus de partout ailleurs pour former le Québec actuel.  

Un Québec diversifié et pacifique. OUI, pacifique! Malgré les brèches, encore nombreuses, mais que nous avons à cœur, oui, à cœur de colmater. Être tissé serré, c’est d’abord ressentir une appartenance au Québec et favoriser notre humanité.  

Nous sommes un peuple qui participe à une ouverture sur le monde, à cet accueil tolérant et généreux envers tous ceux qui sont venus ici trouver un refuge paisible pour élever leurs enfants, travailler, créer et s’épanouir dans le VIVRE ENSEMBLE.  

Nous avons raison d’être fiers ! 

Fiers de nos racines autochtones, dont enfin émergent de nouvelles voix fortes et actuelles. Quel précieux héritage de ce peuple qui a ouvert la route et légué la richesse de notre mère Nature, nos forêts boréales et nos cours d’eau à préserver. 

Soyons aussi fiers de notre langue française qui éblouit par la diversité de ses mots, de ses auteurs et autrices. Fiers de toutes ces créations qui fusent et parcourent le monde pour raconter ce que nous sommes. Créations artistiques, journalistiques, scientifiques, philosophiques, créations d’affaires et visions d’avenir.  

Et soyons fiers de nos gens qui, sans relâche, depuis plus d’un an et demi veillent à notre bien-être, à notre survie, aux soins des plus fragiles. En cette période si particulière, nous nous souviendrons longtemps de tous ceux qui ont contribué à offrir le meilleur d’eux-mêmes malgré l’adversité. 

Nous les saluons avec gratitude et ferveur. 

Souvenons-nous de cette année comme celle où le serment de rester ouverts et reliés les uns aux autres aura été fait. Soyons reconnaissants de notre solidarité, malgré ces temps difficiles où notre bienveillance a néanmoins été plus forte que nos peurs et nos inconforts. Nous avons tendu la main à un voisin, un parent, un ami, un confrère pour lui faire savoir qu’il n’était pas seul, que NOUS ÉTIONS LÀ!

Il y a eu les catalognes de nos arrières grands-mères, les paniers tressés et les vêtements brodés des Premières nations, les ceintures fléchées des patriotes… Nous poursuivons une œuvre commune. Elle se tisse par nos actions citoyennes, engagées et bénévoles. Par nos efforts de justice et d’équité pour faire de notre diversité qu’elle soit Tissée serrée ! 

« Gens du Pays c’est votre tour de vous laisser parler d’amour » comme le chante notre cher poète Gilles Vigneault. Prenons le temps de le dire, de l’écrire, de le chanter, de le cuisiner, de le partager. En français et dans toutes les langues de nos origines, dans nos foyers, dans nos quartiers, de la Côte-Nord à la Montérégie, du Saguenay à la Gaspésie, de l’Abitibi à la Mauricie, de Lanaudière à l’Outaouais, du Grand Nord au Bas-Saint-Laurent et dans toutes nos régions, goûtons toutes les saveurs et les musicalités de notre appartenance, de celle d’hier à celle d’aujourd’hui.  

Écoutez… 

J’entends les tambours chamaniques, les violons des rigodons, l’accordéon des bals musettes et les guitares électriques. J’entends le piano d’André Gagnon, la poésie de Joséphine Bacon, le Blues de Bob Walsh, les chansons de Roxane Bruneau, Desjardins, Séguin, la voix éternelle de Michel Louvain, les Tam-tams et le slam de Queen Ka et de David Goudreault. Toutes ces couleurs d’expression, ces musiques du monde qui font écho à la culture d’ici et qui prennent part à l’identité québécoise d’aujourd’hui. 

Célébrons ! Célébrons ensemble, en cette Fête nationale, notre fierté d’appartenir à un pays ouvert et accueillant. À une communauté en expansion et vouée plus que jamais à voir l’avenir avec confiance et responsabilité.  

Et à cette jeunesse québécoise qui a soif de justice et d’égalité, qui aspire à de meilleures opportunités d’expression et de liberté, je livre comme ça, sans façon, un texte écrit quand je traversais, tout comme vous, à votre âge, cet espoir d’un pays TISSÉ SERRÉ : 

D’aucune couleur 
Pourtant métissée 
Mes ancêtres ont mélangé leurs sangs À celui des premiers Peuples 
J’ai le cœur tropique 
Les yeux Sahara 
Mon âme s’élève vers Bouddha. 

Je parle français 
Je mange chinois
e fais l’amour à l’italienne 
Je danse la salsa 
J’écoute du Rock d’Amérique 
Je m’habille à Paris 
Je lis l’anglais aussi 

Mais mon enfance est bien d’ici Et mes racines et mon pays. 

J’avais vingt ans quand j’ai écrit ceci. 
J’en ai soixante-dix aujourd’hui D’un siècle à l’autre me voici. 
Ma destinée se poursuit  
La vôtre aussi. TISSÉ SERRÉ.